• Contactez-nous par téléphone
  • Contactez-nous par mail
  • Toutes nos actualités sur LinkedIn

Lyon
04 37 56 10 30

Paris
01 45 30 32 00

Grenoble
04 37 56 10 31

Lyon
mail

Paris
mail

Grenoble
mail

Les 5 erreurs qui aggravent une crise sociale

Publié le

 

Une crise sociale ne surgit que très rarement du jour au lendemain. Elle s’installe progressivement, souvent dans une relative discrétion, à travers un malaise exprimé à demi-mot, une réunion plus tendue qu’à l’accoutumée, des arrêts de travail qui se multiplient, des échanges qui se raréfient, une confiance qui s’effrite, …, sans que personne ne puisse réellement dire à quel moment tout a commencé.

Puis, un jour, l’entreprise prend conscience que quelque chose s’est rompu.

À ce stade, les faits qui sont à l’origine de la crise sont parfois moins déterminants que la manière dont l’organisation va y répondre. Une crise sociale possède une caractéristique particulière : elle se nourrit autant des événements que des réactions qu’ils provoquent.

Au fil des enquêtes internes, des diagnostics sociaux et des accompagnements que nous réalisons chez nos clients, je retrouve souvent les mêmes mécanismes : Non pas des erreurs commises par manque de bonne volonté, mais des réflexes humains qui, malgré les meilleures intentions, contribuent à amplifier une situation déjà fragile.

Selon moi, les cinq plus fréquents sont les suivants :


1. Penser que le temps réglera le problème

Face à une tension collective, l’attentisme paraît souvent rassurant. On espère que les émotions retomberont, que les relations se rééquilibreront d’elles-mêmes, que chacun finira par reprendre sa place.

Pourtant, le silence n’est jamais neutre. Lorsqu’aucune parole n’est portée par l’organisation, chacun construit sa propre lecture des événements. Les interprétations remplacent les faits, les suppositions deviennent des certitudes et les rumeurs occupent progressivement l’espace laissé vacant.

Le temps apaise parfois les individus. Il résout rarement les dysfonctionnements qui ont provoqué la crise.


2. Chercher un responsable avant de comprendre les faits

Lorsqu’une situation devient sensible, la pression est forte. Les équipes attendent des réponses, les représentants du personnel interpellent la direction, les managers souhaitent être soutenus et chacun espère une décision rapide.

Dans ce contexte, la tentation est grande de rechercher immédiatement un responsable. Pourtant, une crise sociale est rarement le produit d’une seule personne. Elle résulte bien plus souvent de l’interaction entre une organisation du travail, des pratiques managériales, une communication défaillante, des attentes non exprimées ou des tensions anciennes restées sans réponse.

Vouloir identifier un coupable avant d’avoir compris le système revient souvent à traiter les conséquences plutôt que les causes.


3. Confondre transparence et communication permanente

Communiquer est indispensable, mais communiquer ne signifie pas parler en continu.

Certaines organisations multiplient les prises de parole, au risque d’annoncer des éléments encore incertains. D’autres choisissent au contraire le silence absolu, pensant protéger les personnes concernées. Dans les deux cas, les effets peuvent être délétères.

Les collaborateurs n’attendent pas nécessairement que toutes les réponses soient connues. Ils attendent avant tout de constater que la situation est prise au sérieux, que des actions sont engagées et que chacun sera traité avec équité.

La confiance naît moins de la quantité d’informations transmises que de leur sincérité.


4. Oublier ceux qui observent

Lorsqu’une crise éclate, toute l’attention se concentre naturellement sur les personnes directement concernées. Et pourtant… Les témoins vivent eux aussi la crise. Ils observent les décisions prises, ils évaluent la manière dont leur entreprise protège ses collaborateurs, ils s’interrogent sur ce qui pourrait leur arriver demain dans une situation similaire.

C’est souvent à ce moment-là que se construit — ou se détruit — le sentiment de sécurité psychologique. Une crise sociale ne concerne jamais uniquement ses protagonistes, elle envoie un message à l’ensemble du collectif.


5. Réduire l’enquête interne à une recherche de culpabilité

C’est probablement l’idée reçue le plus souvent rencontrée.

Pour beaucoup, une enquête interne devrait permettre de dire rapidement qui a tort et qui a raison. En réalité, sa vocation est tout autre : Une enquête circonstanciée sérieuse ne cherche ni à confirmer une accusation, ni à protéger un manager, ni à satisfaire une attente particulière. Elle cherche à établir les faits avec méthode, impartialité et objectivité.

Et c’est précisément cette exigence qui permet, ensuite, de prendre des décisions justes.

Certes, il arrive que les faits confirment les alertes. Mais il arrive aussi qu’ils révèlent une réalité plus complexe que les premières perceptions. Dans bien des situations, l’enquête met surtout en lumière des fragilités organisationnelles qui dépassent largement les personnes concernées.


Ce que les crises sociales nous apprennent

Au fond, une crise sociale n’est jamais seulement une crise. Elle met en évidence ce qui, parfois depuis longtemps, fragilise le fonctionnement d’une organisation : un management insuffisamment soutenu, des règles devenues floues, des espaces de dialogue qui se sont progressivement refermés ou encore une perte de confiance entre les différents acteurs.

Les entreprises les plus solides ne sont pas celles qui échappent aux tensions. Elles sont celles qui acceptent de regarder la réalité avec lucidité, de distinguer les faits des perceptions, et de faire de chaque crise une opportunité de renforcer durablement leur fonctionnement collectif.

Une crise sociale mal gérée laisse des traces.

Une crise sociale bien accompagnée peut, au contraire, devenir le point de départ d’une reconstruction.